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Avr 10

Debuter en anglais ou me perfectionner comme si c’etait ma langue maternelle

L’apprentissage d’une langue avec la PDL


Cet hiver j’ai fait une découverte passionnante : la psychodramaturgie linguistique ou PDL.


Un mot bien compliqué pour décrire une méthode totalement originale pour l’apprentissage d’une langue. Elle est bien sûr applicable à toutes les langues.


Je l’ai testée sur moi et j’ai enfin trouvé un concept innovant dans ce domaine : l’association d’une nouvelle langue (ou de son perfectionnement) avec le développement personnel.


Débuter en anglais devient un jeu d’enfant comme si c’était votre mère qui vous l’apprenait.


Apprentissage d’une langue : pourquoi c’est souvent long et compliqué ?

 


Une langue est d’abord faite pour communiquer : l’apprendre chez soi tout seul ou en laboratoire ne permet pas une interaction avec les autres humains comme c’est le cas dans notre famille où nous n’apprenons pas mais vivons littéralement notre langue maternelle.


Les méthodes habituelles sont souvent des textes et des phrases choisies parmi les plus représentatives de ce qu’on cherche à exprimer.


Or, s’exprimer c’est entre autres savoir formuler différemment la même chose. Comprendre et s’exprimer nécessitent un échange avec un natif de la langue qui va associer au mots un langage non verbal, un rythme, une intonation et une musicalité à la langue.


Débuter en anglais quand on ne connaît pas la langue crée un stress que l’analyse renforce : comment parler quand on ne connaît ni le vocabulaire, ni la grammaire, ni la mélodie de la langue sans parler de son.


Il est difficile de trouver sur le long terme une motivation pour des phrases, des exercices et des thèmes qui ne sont pas issus de notre quotidien ou de nos interrogations profondes.




Qu’apporte la PDL (Psychodramaturgie linguistique) ?

 


Pour pallier  ces écueils, la psychodramaturgie linguistique repose sur une pédagogie de la relation. Elle est fondée sur la notion de rencontre entre les participants, d’action, de spontanéité et de créativité.(concepts empruntés à J.L. Moreno, le créateur du psychodrame)


« Si ce sont leurs mots, cela peut devenir leur langue » B.Dufeu


L’accent est mis sur d’autres critères que le sens et l ‘acquisition d’un savoir. En PDL, débuter en anglais, c’est d’abord rentrer dans un rythme étranger en éprouvant du plaisir et en se sentant à l’aise. C’est acquérir la langue en la vivant.


Dans la technique de psychodramaturgie linguistique, l’être humain est un être créatif sujet de son apprentissage plutôt que l’objet d’un programme prédéterminé .


En fait, apprentissage d’une langue et vie quotidienne ne sont pas séparés. Apprendre fait partie de la vie et vivre est un continuel processus d’apprentissage .


Qui se cache derrière la psychodramaturgie linguistique?

 

Elle est développée par Bernard et Marie Dufeu depuis 1977. Pour ses créateurs, la psychodramaturgie linguistique est une pédagogie de l’être plutôt que de l’avoir. La langue naît à l’intérieur du groupe.


Tout est conçu pour :

  • Pouvoir rentrer dans un rythme et une musicalité étrangère par le plaisir de l’expression ludique et poétique 
  • Développer une écoute affinée
  • Une confiance en soi confortée par l’écoute empathique de l’animatrice

  • Créer un lien direct entre le participant et sa parole car il en définit les contenus

  • Tout intégrer en même temps: on n’attend pas d’avoir les rudiments pour s’exprimer même si ce sont des balbutiements

  • Que le participant vive en même temps qu’il apprend.  il parle de lui mais dialogue aussi avec les autre

  • Que chacun avance à son propre rythme. Tout le monde ne part pas du même niveau et n’apprend la même chose en même temps


La psychodramaturgie linguistique ramène au corps

 


Chaque session démarre par une relaxation qui associe des procédés issus de la sophrologie, du Training autogène de Schultz et de l’eutonie de Gerda Alexander. Une phrase est dite en anglais suivie de sa traduction, puis elle est reprise en anglais, progressivement, la relaxation se déroule tout en anglais.


Les étudiants apprennent à parler l’anglais mais bougent-ils en anglais ?


En PDL, on apprend à cordonner  geste,  rythme et articulation afin d’incorporer l’intonation à l’aide de techniques qui rappellent celles de la formation d’acteurs.



Pourquoi psychodramaturgie?

 


Le terme est né de l’ association du psychodrame et de la dramaturgie. La PDL s’inspire des travaux de Moreno(1892-1974) créateur du psychodrame.


Le psychodrame est au départ une thérapie holistique qui permet une exploration du monde intérieur d’une personne à travers l’action et la mise en scène de ses difficultés. Au lieu de parler sur ses problèmes, le patient les met en scène. C’est donc une thérapie par l’action.


Nous nous sommes définis au travers de rôles élaborés pendant l’enfance afin d’être adéquats. Ceux-ci  finissent par nous coller à la peau et ne plus être d’actualité dans notre vie d’adultes, mais ils perdurent.


Jouer ces rôles peut aider les participants à prendre conscience de leurs difficultés personnelles et de s’en dégager. Improviser d’autres réponses aide à débloquer les inhibitions et la rigueur de nos conditionnements.


La Psychodramaturgie linguistique cherche cependant à dé-psychologiser ou “dé-thérapeutiser” le psychodrame original afin de l’adapter à des fins d’apprentissage d’une langue.

Concrètement comment ça se passe ?

 


Les premiers jours, chacun à leur tour, les participants se positionnent face au groupe avec un masque neutre (qui ne dispose pas d’ouvertures pour les yeux et pour la bouche). Ce masque favorise la concentration sur l’écoute dans une attitude calme et réceptive et  leur permet de vivre l’expérience de l’intérieur.


Ne pas voir les autres permet au participant de se sentir en sécurité et d’augmenter la confiance en soi. La perception auditive est renforcée du fait que la vue est occultée. Dans un premier temps, le participant ne parle pas. L’animatrice est assise derrière lui légèrement à sa gauche.




Elle se met à son rythme respiratoire , copie son attitude de façon à s’identifier à lui et à exprimer ce qu’il pourrait dire dans cette situation. Elle se penche vers son oreille gauche de façon à lui souffler la langue de sorte que tout le groupe puisse l’entendre.


Le but est de permettre au participant d’entrer en contact avec les sons, le rythme et la mélodie de l’anglais (ou d’une autre langue) et de se laisser littéralement bercer par elle.


Cette attitude facilite l’apprentissage d’une langue mais n’a pas de fonction thérapeutique. Malgré tout, L’étudiant est replacé dans un contexte qui rappelle nos premiers pas dans notre langue  en lien avec un «parent » avec qui il ne peut pas encore échanger verbalement.


Plus tard, il met un masque sans les yeux mais qui lui permet reprendre ce qui lui est dit , afin d’être plus perceptif aux sonorités de la langue.


Il reprend les séquences qui lui conviennent même si il ne les comprend pas tout de suite (il y a traduction pour les vrais débutants) afin de se familiariser avec les particularités rythmiques et mélodiques de la langue.


L’animatrice propose des séquences construites avec des synonymes et propose ainsi une langue sur mesure.


Elle est toujours assise derrière le participant, très proche de son oreille gauche comme un parent qui chuchoterait à l’oreille de son enfant.


Elle fournit les matériaux de base nécessaires à l’expression sans le stress des trous de vocabulaire, des problèmes de prononciation et de grammaire.






L’étudiant porte ensuite un masque qui lui permet de voir et d’entendre. Il prend conscience qu’il ne parle pas que pour lui mais aussi en présence des autres. Un début de communication s’installe.


Les jours suivants, les participants peuvent ébaucher eux-mêmes leur séquence en partant de mots ou d’expressions qu’ils ont entendu la veille.


Ceux qui sont faux-débutants peuvent proposer plus qu’un mot. L’animatrice s’adapte à leur niveau et, partant de ce qu’ils disent, élargit leur vocabulaire.

 

A tout moment l’étudiant peur réagir plutôt que reprendre les séquences. On passe alors à des activités de miroir plutôt qu’à des activités de double. La vraie communication s’installe dans l’ordre où nous nous sommes construits, enfants.


Y a t-il une raison pour l’oreille gauche ?

 


Je vois que ce détail ne vous a pas échappé ! ! Dans sa symbolique de la latéralité, la psychodramaturgie linguistique considère la gauche comme le côté de la réception et la droite comme celui de l’action. Elle tient aussi compte de la sensibilité différente des deux oreilles: la gauche est plus tournée vers l’intérieur (introversion), la droite vers l’extérieur.

J’ai été sensible à cet aspect de la PDL car j’ai du moi-même ré-éduquer mon oreille gauche grâce aux travaux de A. Tomatis. Ses travaux ont porté (entre autres) sur l’environnement auditif dans la vie intra-utérine sachant que le fœtus peut entendre après cinq mois de grossesse.


La voix maternelle a une importance capitale car elle communique l’affect. En rééduquant l’oreille, on peut améliorer la communication entre un enfant et sa mère. A.Tomatis a démontré qu’en modifiant les facultés d’écoute, on peut agir sur la voix, le langage et divers aspects psychologiques de la personne.


Sa méthode permet de rééduquer l’oreille de façon à entendre ce qu’elle n’entend pas naturellement. On entend ici que l’écoute a une importance capitale dans la capacité à retransmettre vocalement la langue.


Notre oreille peut capter des fréquences allant de 16 à 16000 hz mais plus on vieillit plus on se contente des fréquences et des rythmes de notre langue maternelle. Prenons le cas de la langue française : elle utilise des fréquences allant de 1000 à 2000 hz


L’anglais à l’inverse utilise des fréquences de 2000 à 12000 hz! Il n’y a donc rien de naturel qui prédispose un français à parler anglais et inversement.




L’oreille droite est reliée au cerveau gauche, celui de la rationalisation., de mon rapport au monde extérieur. Si c’est mon oreille directrice, j’entends ce qui est dit sans distorsion psychologique.Je suis beaucoup plus proche de l’information.


Mon patron me dit que je dois corriger un passage de mon rapport, j’entends qu’il y a effectivement quelque chose à modifier. Au niveau symbolique, l’oreille droite régit le contrôle et le futur.


L’oreille gauche est associé à l’enfance, au monde intérieur et à l’imaginaire. Si c’est mon oreille directrice, le chemin pour atteindre la zone de compréhension du langage dans le cerveau est beaucoup plus long.


Au niveau symbolique elle est associée à l’affect et au passé. J’ai le temps de teinter de mon monde intérieur, la phrase qui vient d’être dite.


Quand mon patron me demande de corriger ce passage, j’ai le temps d’imaginer que je n’ai pas bien fait mon travail, que je suis vraiment nul et qu’on ne peut pas me confier une tâche c’est sans doute pour cela qu’il donnera le poste qui se libère à quelqu’un d’autre qu’à moi.

 

Vous comprenez maintenant qu’en proposant de souffler les mots dans l’oreille gauche, la psychodramaturgie linguistique s”adresse à l’affect de la personne et à son univers créatif et imaginaire.


La synthèse de la PDL

 


Elle installe la nouvelle langue chez le participant comme si il l’apprenait de son univers familial.


La PDL ramène la notion de soutien, de confiance et de plaisir dans l’expression qui parfois nous a fait défaut dans les apprentissages de l’école.


Tous ces apports à l’apprentissage d’une langue font de la PDL un outil extrêmement efficace et performant.


L’objectif principal étant de pourvoir s’exprimer immédiatement avec la bonne intonation et à un rythme normal même pour un débutant !

Et vous, comment avez-vous appris vos langues étrangères? N’hésitez pas à commenter!


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