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Oct 21

Au cas où vous penseriez que réussir sa vie et apprendre à se défendre soient compatibles…



Réussir sa vie, est-ce bien vous qui décidez?

Ne lisez pas ce qui suit si vous êtes un adepte chevronné de la pensée positive  et si vous pensez connaître les stratégies pour réussir sa vie!


Je vais vous prouver que vous savez vous défendre même si vous n’avez pas pris de cours ! Je vous promets aussi qu’il ne vous restera pas un poil de sec !


Cet article est écrit dans le cadre de la Croisée des Blogs de développement personnel.org. C’est Mikaël de Wilkoaching qui nous lance le défi : “Peut-on réussir sans apprendre à se défendre ?”


Apprendre à se défendre est un réflexe qui vous vient de très loin, et il n’y a pas besoin de séminaires, votre cerveau fait cela très bien tout seul!


Pour comprendre, allons voir du côté du fonctionnement du cerveau.


Votre cerveau filtre les informations: parmi les onze millions de bits d’information qu’il reçoit, il n’en traite que 50 qu’il amène à la conscience.


Les informations retenues sont celles qui viennent conforter vos croyances internes. Si l’information vient infirmer vos croyances, le cerveau ne les retient pas.


Ce mécanisme de tri déforme complètement votre réalité. En gros, vous ne pouvez emmagasiner que ce que vous connaissez !


Il vous est, par conséquent, extrêmement difficile de vous laisser imprégner par quelque chose de nouveau même si vous êtes persuadé du contraire.


Que se passe t’il avec les quelques dix millions et plus de bits d’information par seconde que votre cerveau ne retient pas ?


Nous ne sommes pas dirigés par notre conscience de l’instant présent mais par le souvenir des évènements du passé que le cerveau n’arrête pas d’opposer à la réalité.


Par exemple, si vous avez été trahi, votre cerveau va chercher dans votre quotidien tous les détails qui présentent un danger potentiel de trahison.


Vous avez beau vivre avec un compagnon fiable et intègre, vous ne pouvez pas faire rentrer cette donnée dans votre ordinateur.


C’est ainsi que la cause profonde de vos émotions vous échappe. Il ne suffit pas de vouloir faire table rase de votre passé…il faut faire passer le message à votre cerveau!

 


Les travaux de Benjamin Libet ont prouvé que votre cerveau sait ce qu’il doit faire avant même que vous ne soyez prévenu.


Votre potentiel d’action se déclenche 0,55 secondes avant que l’action ne débute. Votre conscience, elle, se réveille 0,2 secondes avant de passer à l’action.


En d’autres termes, votre cerveau a décidé avant vous de ce qu’il fallait faire en fonction des données qui sont enregistrées.

 

Réussir sa vie devient quelque chose de compliqué si ce n’est pas vous qui dirigez!


L’activité électrique du cerveau précède donc la décision de passer à l’action. Ce n’est pas vous qui décidez. Votre conscience se réveille plus tard et croit que c’est elle qui décide !


Leçon essentielle: si vous n’êtes pas aux commandes, comment allez-vous faire pour vous convaincre qu’il est possible de réussir sa vie ?


Ce n’est donc pas votre conscience qui décide. Elle a cependant le pouvoir d’intervenir pour interrompre la tâche si elle n’est pas d’accord.


La maîtrise de soi n’est pas si simple à développer. Si vous voulez obéir à votre conscience plutôt qu’à vos mécanismes inconscients, il faut percuter rapidement !


Comment apprendre à se défendre quand on est tout petit ?


L’amygdale cérébelleuse et lhippocampe sont les banques de données mémorielles. La première est active dès la naissance, tandis que la seconde ne se développe qu’après deux ans.


Toutes vos mémoires de la petite enfance sont enregistrées au niveau de l’amygdale cérébelleuse mais ne sont pas rattachées à un contexte historique.


Les situations angoissantes et douloureuses sont ainsi stockées sans que l’hippocampe du cerveau ne vous permette de vous en souvenir consciemment.


Tout comme votre corps fait appel à un système immunitaire pour vous aider à vous défendre des bactéries, vous bénéficiez d’une forme d’immunité psychique.


Celle-ci se fait à votre insu et vous permet de refouler les douleurs insurmontables de la petite enfance comme l’abandon, le rejet, la négligence, l’oubli et les maltraitances.


C’est aussi la raison pour laquelle vous n’avez pratiquement aucun souvenir avant deux ans. Si vos besoins de bébé ont été négligés, que vous avez souffert du froid, de la faim ou du manque de soin, vous n’en savez rien.


Ainsi donc, sans le savoir, on peut apprendre à se défendre dès l’enfance. Grâce aux mécanismes de défense, vous pouvez éviter d’avoir conscience des dangers qui menacent votre survie.


Prenons l’exemple d’un bébé qui hurle la nuit parce qu’il a froid, faim ou est en difficulté alors que sa mère épuisée ne l’entend pas.


Toutes ses cellules enregistrent immédiatement un danger grave, le bébé ne pouvant pas relativiser le besoin urgent qu’il a de sa mère.


Si sa mère se lève finalement en colère et le secoue dans son lit en lui disant de se taire sans calmer l’angoisse du bébé, c’est cela que l’amygdale va enregistrer.


Comme il n’y a pas de contexte enregistré, seules les sensations restent. Une peur cellulaire du regard de la personne qui vient le secouer, une boule dans la gorge d’avoir trop crié…tout cela s’imprime.


Apprendre à se défendre quand on est plus grand


Des années plus tard, il se peut que cet enfant devenu grand ou adulte ressente chaque fois que la nuit tombe une angoisse sourde.


Il va alors développer un mécanisme de défense pour gérer le stress : il peut choisir de somatiser, en quel cas il va être sujet aux insomnies sans cause.


Il peut aussi choisir d’apprendre à se défendre en créant des conflits dans sa famille pour pouvoir attribuer l’angoisse dont il ne sait que faire à un conflit qui peut lui donner un sens.


Il peut aussi nier en bloc sa sensation d’angoisse et rester inhibé devant la télévision pour oublier. Réussir sa vie est lourdement remis en cause!


Il peut choisir d’apprendre à se défendre en fantasmant sur le téméraire héros qu’il devient en jouant à la Wii sans comprendre pourquoi il n’arrive pas à se coucher.


Il peut choisir d’épouser une femme très angoissée et s’occuper d’elle pour ne pas sentir que lui aussi ressent une angoisse sans nom.


Et vous voulez me faire croire qu’il faut apprendre à se défendre parce que vous ne savez pas ? Vous le faites toute la journée!


Vos mécanismes de défense sont des processus mentaux parfaitement automatiques, totalement inconscients et donc hors de votre contrôle. Au mieux, vous pouvez percevoir le résultat.


On utilise aussi le terme «coping» qui peut s’orienter vers la résolution du problème mais surtout vers l’évitement du problème.


C’est le cas de la plupart des techniques de gestion du stress : elles sont très utiles pour faire face (to cope) mais ne règlent pas vraiment votre problème à long terme.


Si vous traitez le quidam ci-dessus pour ses insomnies…ça risque fort de ne jamais fonctionner puisque ses insomnies sont son mécanisme de défense !


Pendant qu’il a peur de la nuit en tant qu’adulte, il est tranquille, il ne peut rien lui arriver. Ce qui doit être ramené à la conscience, ce sont les mauvais traitements qu’il a subis pendant son sommeil de bébé !


S’il suit une méthode pour arrêter de procrastiner en jouant à la Wii, ça risque de prendre beaucoup de temps à porter ses fruits puisqu’il joue pour oublier son angoisse !


S’il se remarie avec une femme pleine de vie et d’enthousiasme…que va t-il faire de son angoisse ?


Et, à votre avis, que va t-il se passer lorsqu’il devra prendre la parole en public devant tous ces regards ? Une boule dans la gorge avec une angoisse sans nom. Tiens, c’est bizarre ces symptômes, ça ne vous rappelle pas quelque chose ?


Il peut suivre des cours de théâtre ainsi qu’une merveilleuse formation pour apprendre à prendre la parole en public ! Pensez-vous vraiment que ça va être efficace ?


Certainement pas puisque son inhibition n’est pas un problème mais un mécanisme de défense destiné à oublier les souffrances d’un bébé.


Si vous êtes encore là, cher lecteur, je vais vous lister quelques comportements pour vous prouver qu’il n’est pas nécessaire d’apprendre à se défendre !


1000 et une façons d’apprendre à se défendre

1°) La compensation .


C’’est un mécanisme destiné à contrebalancer un échec ou une frustration dans un autre domaine. Les manques peuvent être compensés par une prise excessive de nourriture dans le cas de la boulimie.


Autre exemple : un petite frère (ou une petite sœur) arrive dans la famille. Un enfant normal se sent menacé par la présence d’un bébé qui va littéralement lui prendre la place, rester à la maison avec maman quand lui va à l’école. 


Ce n’est pas tout: il va voir le bébé au sein de sa mère pendant que lui qui est maintenant « grand » doit apprendre à se débrouiller tout se, se sentant ainsi privé d’affection.


Cet enfant peut ainsi surinvestir le petit dernier en lui servant de petite maman alors que tout son être hurle de le « ramener au magasin » !


Ce mécanisme de compensation permet de se défendre d’une terrible blessure de rejet ou d’abandon mais ne résout rien.


2°) La projection  sur l’autre pour apprendre à se défendre.


C’est un système très subtil qui consiste à se projeter dans l’autre afin de vivre par procuration un événement qu’il vous est impossible de relier à vos propres expériences.


Vous pouvez aussi vous projeter dans un évènements douloureux qui arrive à quelqu’un d’autre afin d’oublier temporairement qu’il vous est sans doute arrivé la même chose : par exemple, vous pleurez en regardant un film où un enfant est arraché à sa mère.


Vous ne pouvez pas être touché si vous ne possédez pas la même mémoire à l’intérieur de vos cellules. Oubliez le fait que vous soyez sensible…vous l’êtes parce que vous savez exactement ce que cela fait dans votre corps.


De la même façon, vous pouvez craindre pour la vie de vos enfants lorsqu’ils font un voyage à l’étranger. La réalité, c’est que cet éloignement vous fait peur à vous car vous pourriez perdre vos enfants dans un accident d’avion et en être ainsi séparé.


Ce que vous évitez de sentir, c’est que vous-mêmes avez été séparé de vos propres parents.


Enfin, vous faites à l’autre ce que vous aimeriez qu’on vous fasse : vous manifestez de la tendresse à l’autre alors que c’est vous qui avez un besoin désespéré de tendresse. Vous survivez au stress mais cela ne résout rien.

 

 

3°) Fantasmer


Vous vous racontez une formidable histoire dans une rêverie dont vous êtes le héros. Vous pouvez vous appuyer sur la vie des célébrités pour vous imaginer passer à l’écran devant des millions de téléspectateurs.


Vous fantasmez sur un mariage princier, ce qui vous permet d’oublier de sentir que vous êtes désespérément seul avec vos besoins non satisfaits.


4°) Déplacer sa colère


Vous vous en prenez à quelqu’un pour une broutille au boulot alors que vous avez un dossier qui bout à la maison avec votre mari mais que vous ne voulez pas ouvrir par peur d’aller au clash ou au divorce.


5°) Somatiser


Vous vivez un gros stress au travail : votre fonction a changé et vous avez peur de ne pas être à la hauteur du nouveau job.


Pour couronner le tout, le patron ne vous forme pas à votre nouvelle fonction : Vous vous cassez une jambe pendant votre weekend de ski.


Ce que vous ne pouviez pas surmonter, c’est votre corps qui le somatise. Le « psychologique » devient physique afin de faire diminuer votre stress en vous empêchant temporairement de retourner travailler .


Si on fait appel au décodage biologique pour comprendre de quoi il s’agit : puisque les os sont touchés, il s’agit d’un conflit de dévalorisation. Le fait que ce soit une jambe montre que vous manquez d’appui pour ce tournant dans votre travail.


6°)le déni


L’expression favorite du déni est « c’est pas grave ». Cette façon que vous avez de tout relativiser et d’être « zen » peut réellement cacher un déni.


Comme chaque année au moment de prévoir les vacances votre conjoint(e) décide d’aller à la montagne alors que c’est la mer qui vous passionne.


Relativiser votre choix est une façon subtile de vous défendre d’avoir à vous exprimer. Ainsi, vous évitez un conflit potentiel en évitant de vous positionner.


7°) S’identifier à une idéologie.


Vous vous lancez dans un projet humanitaire et vous défendez la cause des peuples opprimés. (Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire!)


En agissant ainsi, vous vous défendez, l’air de rien, de la façon dont vous vous êtes sentis opprimés et sans soutien dans votre famille.


8°) actes manqués et lapsus


C’est l’anniversaire de votre petite sœur. Elle reçoit une magnifique poupée en porcelaine. Plus tard dans la soirée vous vous cognez à la table et en tombant vous cassez la poupée.

Vous vous défendez ainsi de vouloir lui casser la figure.


Si vous ne vous êtes pas reconnus, ne vous impatientez pas, je continuerai la liste dans un prochain article.


En conclusion, il est important de faire la distinction entre se protéger et se défendre. Se protéger peut faire partie d’une stratégie de prévention saine.


Se défendre présuppose un agresseur potentiel. Et comme la peur crée, plus on cherche à se défendre, plus on attire ce qu’on redoute.


Si vous persistez dans la défense, vos mémoires restent enfermées au niveau cellulaire. Elles agissent alors comme un gigantesque aimant qui attire de nouvelles situations identiques jusqu’à ce que vous ayez décidé de recouvrer la mémoire.


Votre âme a tout son temps. Mais pour réussir sa vie, le plus vite sera le mieux. Nous verrons aussi dans l’article suivant, ce qu’il convient de faire si vous avez décidez d’arrêter de vous défendre.


Et vous, avez-vous un mécanisme de défense favori? Faites un commentaire!



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