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Jan 27

Trois tranches de quete

Réussir sa vie en trois étapes

Cet article est proposé dans le cadre de la Croisée des blogs organisée en Février 2012 sur le blog de jean-Yves de http://www.potiondevie.fr sur le thème “les trois tournants de votre vie”

Ma vie a commencé dans une école, une  partie de mes proches faisaient partie de la grande famille de l’éducation nationale. J’y suis finalement rentrée à l’âge de 2 ans et je n’en suis jamais sortie jusqu’à récemment…

Apprendre et encore apprendre ce que les autres ont appris et transmis. Tout était bien tracé pour moi, je n’avais qu’à suivre une recette qui fonctionne avec la retraite à la fin. Je n’avais qu’à me remplir de savoir et je serais en sécurité à vie. Réussir sa vie n’était pas une option.

Seulement le pot a cassé à l’adolescence. L’ambiance familiale s’est assombrie, les joies de l’école se sont transformées en corvées. Mes forces m’ont quitté au cours d’une longue mononucléose et la vie a perdu son piment.

C’était l’été de mes quinze ans. J’ai confusément senti que tout était fini des réjouissances de cette vie. Alors l’idée la plus incongrue m’est passée par la tête.


Réussir sa vie:1ère partie,” when there is a will, there is a way”

là où il y a une volonté, il y a un chemin.

 

 

j’ai décidé de faire le tour de l’Oisans

 

tour-de-loisans


Long de 176 kilomètres, le GR 54 est l’un des plus difficiles d’Europe, presque 13000 m de dénivelée, 11 jours de marche, 14 cols dont un, l’Aup Martin à plus de 2700mètres, 8 heures de marche par jour allant parfois jusqu’à 10 heures…12 kilos sur le dos (je comprends mieux pourquoi je choisis le Népal aujourd’hui!)

Un truc de fou. J’ai confusément choisi d’en baver mais pour une bonne raison cette fois. Et je n’ai pas été déçue. Du froid, de la neige au col, des courtes nuits sur le sol dur de la tente… mais le paysage fantastique des Écrins.

J’ai mis du temps à comprendre ce qui me plaisait dans cette aventure. Et puis j’ai mis un mot dessus, la liberté de l’itinérance.

Ne pas savoir de quoi va être fait le chemin. Ne pas savoir où je vais dormir, ce que je vais trouver comme nourriture, le temps qu’il va faire. Tout prend une importance capitale en trekking.

Dans les moments difficiles, il ne reste que le souffle, il n’y a pas d’autre problème au monde que respirer ! Quel soulagement !

Ne jamais revenir sur ses pas, ne jamais croiser deux fois le même paysage. L’aventure à chaque virage. La vraie, celle qui finit sous l’orage au col. Celle où on se perd dans le brouillard, celle qui parle aux tripes.

On a peur, on rit, on pleure, on a mal aux pieds, on en a marre, on a froid, et puis le soleil arrive et la vie s’illumine. Je suis rentrée transformée. J’avais compris l’essentiel de ma leçon :

 

 

La vie est un chemin, je peux me mettre en route.

Mon existence s’est transformée en quête.

Réussir sa vie, 2ème partie : un vieil adage tantrique.

 

 

J’ai cherché partout, forte de ma trouvaille. A moins de 30 ans, J’avais fait mes études au Canada, visité l’Alaska, Hawaï pour finir en Inde.



Je cherchais un maître à cette étape de ma quête . La route qui menait au Ladakh s’était écroulée et j’attendais depuis une semaine, coincée à Srinagar que les militaires la rouvrent.

Le chauffeur de taxi qui était devenu un ami m’a alors proposé d’aller chez son propre maître à défaut de Tibétains du Ladakh.

J’ai alors rencontré un petit homme centenaire assez hallucinant dans une vieille cabane remplie de rats. J’y ai passé des heures à somnoler sans rien comprendre jusqu’au petit matin où je l’ai clairement entendu me dire, à moins que je ne l’aie rêvé : « ton chemin passe par la Suisse ».

J’ai poursuivi ma quête en France jusqu’à ce que je rencontre le Tantrisme Shivaïte du Cachemire (dont Srinagar est la capitale !) sous les traits d’un maître Suisse.

C’est là que j’ai compris que ce petit homme que j’avais rencontré était bel et bien un maître tantrique mais que mon mental qui cherchait des hommes en robe rouge et safran n’avait pas reconnu !

Au bout de plusieurs années de pratique un phrase lancée comme un koan a claqué dans mes oreilles :

 

 

Ce qui est ici est ailleurs, ce qui n’est pas ici n’est nulle part.

 

Cela m’a fait l’effet d’une bombe. J’ai compris en un instant que la quête telle que je l’avais engagée, était finie. Je n’avais plus besoin de parcourir le monde à la recherche des maîtres. Je venais de découvrir que la quête est… intérieure.


Réussir sa vie, 3ème partie : Ganga, déesse du Gange, épouse de Shiva.

 

 

 

C’était pour mes 50 ans. Pour la première fois depuis l’épisode ci-dessus, j’avais décidé de retourner en Inde pour la célébration de la Kumbh Mela, probablement le plus grand pèlerinage sur terre. 

C’était l’année où j’avais décidé de laisser tomber l’éducation nationale pour me consacrer à mon second métier, celui de thérapeute. Je visitais alors Varanasi (Bénarès) pour la première fois.

Je découvrais une Inde moyenâgeuse comme lors de mon premier voyage.

J’avais assisté à toutes les cérémonies du feu sur le bord du Gange et le dernier matin, je me levai à l’aube pour la cérémonie du lever de soleil.

Lorsqu’il est apparu dans le ciel grisé, illuminant les ablutions des indiens, j’ai eu l’étrange impression de me dédoubler.

Je me suis vue indienne, mêlée à la foule des pèlerins et j’implorais le Gange de m’offrir une vie meilleure. Je me suis vue moi aussi aujourd’hui dans mes habits d’européenne, venue saluer le Gange et remercier pour la vie meilleure que j’avais reçue.

L’instant était intense. Je sentais une joie incommensurable d’avoir réussi l’incroyable exploit d’avoir obtenu la vie que je désirais à l’époque.




La phrase qui clôture les Tantras est alors descendue à l’intérieur de moi :


Tu es ce que tu cherches

 

J’avais la preuve que je possède le pouvoir de créer ce que je désire.

 

Depuis, je n’ai pas repris le sentier de l’éducation…je transmets ce que j’ai appris sur mon chemin, ce qui n’est pas écrit dans les livres, un savoir être qui permet à chacun de trouver sa voie.

J’accompagne ceux qui le souhaitent dans des voyages initiatiques. J’aide à dégager les obstacles pour plus de lumière et de clarté.

 C’est alors qu’Aurélien est apparu sur mon écran. Il n’y a pas de hasard.

L’idée d’un blog a pris naissance comme un évidence… me mettre à écrire, témoigner de ma route et déployer mes ailes sur la toile…

 

N’hésitez pas à laisser une impression, un commentaire.

 

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