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Mar 28

Rencontre remarquable avec le travail sur soi, grâce à Gurdjieff

Un travail sur soi grâce à un livre?

 

Je vous ai déjà parlé dans un précèdent article de trois livres (assez récents) qui avaient eu un fort impact sur moi.

 

Aujourd’hui, je vais vous parler du livre le plus important de ma vie de jeune adulte, « Rencontre avec des hommes remarquables » de Gurdjieff et de ma rencontre avec le travail sur soi.

 

Cet article participe à l’évènement « le livre qui a changé ma vie » à l’initiative de Cédric Vimeux pour le blog Virtuose-marketing.

 

Quand je parle d’un livre important, j’exprime qu’il y a eu un avant ce livre et un après. A l’époque, j’ignorais tout du travail sur soi.

 

Est-il possible de changer radicalement sa vie après la lecture d’un seul livre ? Certainement pas. Pourtant, après rencontre avec des hommes remarquables, tout a commencé.

 

Après ma rencontre virtuelle avec Gurdjieff, la vie pour moi n’a plus jamais été la même et mon avenir s’en est trouvé modifié et le travail sur soi a commencé.

 

Il s’agit de la vie autobiographique du mystique Georges Gurdjieff (1866 – 1949) parue en 1963. Rencontre avec des hommes remarquables relate ses jeunes années.

 

Lorsque je suis tombée sur ce livre (sans me faire trop mal), j’étais dans ma vingtaine et j’arrivais tout droit des études que j’avais faites au Québec.

 

J’étais assez déboussolée d’avoir à plonger dans une vie adulte et passablement seule pour le faire.

 

J’avais peu de famille et peu d’amis à cause de cette longue interruption à l’étranger. Tout me paraissait impossible et compliqué et si je n’avais pas eu pour but de passer le concours de l’éducation nationale, je me serais sentie littéralement perdue.

 

Réussir sa vie et être heureux étaient deux concepts qui m’étaient à l’époque, totalement étrangers et n’avaient ps de place dans mon vocabulaire. Je ne connaissais que la psychologie comme définition du travail sur soi.

 

 

Rencontre avec des hommes remarquables et l’effet Gurdjieff

 

 

Ce livre a eu l’effet d’une bombe. Il a rassemblé mes états d’âme dans un tout cohérent et m’a propulsé vers une autre dimension de moi-même.

 

Nous verrons cela en dernière partie de l’article lorsque je vous aurai un peu expliqué de qui il s’agit.

 

Gurdjieff est né d’un père grec, d’une mère arménienne et a vécu en Géorgie, en Russie puis à la révolution a émigré en France et aux US.

 

Il a étudié la médecine et fait des études de prêtre sans trouver dans ces discipline une réponse satisfaisante à ses questions existentielles.

 

Ce livre résume ses premières années et insiste sur l’influence qu’ont eu son éducation et ses rencontres avec des hommes remarquables, à commencer par son père.

 

Les méthodes éducatives de ce dernier n’étaient pas ordinaires: il n’était pas rare que Gurdjieff enfant retrouve dans son lit un serpent non venimeux (ou autre chose).

 

Tout cela avait pour but de l’entraîner afin qu’il trouve en lui un espace de liberté qui ne dépende pas des circonstances de la vie et des influences extérieures.

 

Ne pas juger en bien ou mal les expériences et ne pas être esclave de ses réactions étaient les préceptes enseignés, c’était sans doute pou lui l’éducation à la dure, du travail sur soi.

 

Je sais, cela paraît un peu extrême (ne faites pas cela chez vous avec vos enfants diraient les pubs) mais on peut réellement faire un lien entre d’éducation du père et les préceptes spirituels que Gurdjieff a enseignés plus tard. (Photo de Gurdjieff)

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Le père de Gurdjieff était un ashokh, une sorte de barde poète, chanteur et conteur qui racontait pendant les veillées toutes les légendes à propos de la vie, de la mort et de la sagesse.

 

Bien qu’improvisées, ces histoires se transmettaient de générations en générations depuis la nuit des temps sans altération.

 

Ces ashokhs se réunissaient parfois lors de concours pour partager leur art et évaluer la pureté de leur voix ou leur instrument.

 

Rencontre avec des hommes remarquables, c’est aussi un film

 

C’est sur cette note que commence le film de Peter Brook (Rencontre avec des hommes remarquables) réalisé en 1979 retraçant l’enfance et la vie du jeune Gurdjieff.

 

Vous pouvez visionner ce film sur Utube à cette adresse:

http://youtu.be/vZ_ycTK0ZOE

mais je vous mettrai en fin d’article un court extrait de l’arrivée de Gurdjieff  au monastère.

 

De son éducation, Gurdjieff a gardé la certitude que les enseignements des maîtres et le capital sagesse de l’humanité sont conservés en lieu sur au fil des siècles.

 

Entraîné à s’interroger sur la vie dès son plus jeune âge, Gurdjieff posa un jour la question de la vie après la mort à son père.

 

Ce dernier lui fit une réponse très avant-gardiste pour l’époque:

 

 

“Certaines personnes pensent que nous avons une âme individuelle qui transmigre après la mort.

Je ne pense pas cela. Pourtant, au travers de certaines expériences, nous pouvons développer en nous une vibration plus fine qui continue à vivre après la mort du corps. ”

 

Le livre retrace donc l’histoire de la quête de Gurdjieff qui se définissait lui-même comme un chercheur de vérité mais qui a été considéré, par la suite, comme un des piliers du travail sur soi.

 

En rencontrant des derviches et des hommes réalisés, Gurdjieff a cherché à comprendre sa véritable place dans l’univers, son potentiel d’éternité et le sens  de son passage sur terre.

 

C’est ainsi qu’il découvrit l’existence d’un monastère, lieu de la confrérie ésotérique Sarmoung où étaient conservés la connaissance et les enseignements secrets.

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A ce propos, bien que réducteur, le film est assez fidèle au livre et vous pouvez visualiser quelques exercices de danse sacrée enseignée au sein de ce monastère.

 

De maîtres en hommes remarquables, la vision du monde de Gurdjieff a été influencée par le soufisme, le Christianisme orthodoxe, l’hindouisme et le bouddhisme. (Il a été un des professeurs du 13ème Dalaï Lama)

 

Je ne vous parlerai pas ici de la profondeur de ses enseignements, ce sera sans doute l’objet d’une suite à cet article.

 

Suite à ses années d’études dans la confrérie des Sarmoung (selon Gurdjieff car il a gardé secrètes ses sources), il a fondé des écoles dans plusieurs pays dont la France. (Il a vécu dans un Prieuré à Fontainebleau vers les années 20).

 

L’objectif de ses enseignements était de « réveiller » les humains endormis pour les initier à un état de présence et de conscience en utilisant l’observation, le questionnement socratique et la danse sacrée. cette forme de travail sur soi était totalement novatrice à l’époque.

 

Bien que Gurdjieff ait été très controversé à son époque, je me demande aujourd’hui si ce n’était pas en partie parce qu’il était en avance sur son temps.

 

Avec Gurdjieff, au niveau du travail sur soi, nous ne sommes pas dans le registre du développement personnel ou de la psychologie mais plutôt dans la réalisation de Soi et la quête de l’Éveil.

 

La base du travail sur soi de Gurdjieff

 

  • Recevoir un enseignement direct d’un être qui a réalisé ce qu’il enseigne plutôt que d’avoir une connaissance livresque.
  • Observer sa façon d’être basée sur l’égo.
  • La pratique de la danse sacrée et de l’alphabet des mouvements.

 

Ramener le corps dans la pratique a été un des grands apports de Gurdjieff. Selon lui, les mouvements du corps révèlent les blessures émotionnelles et psychiques non conscientes.

 

Pas de travail sur soi sans rapport au corps. C’est aussi un des principes de la sophrologie.

 

Un des aspects de sa pratique est aussi l’observation des réactions défensives de l’égo et ceci tout au long de la journée sans même que vous le soupçonniez.

 

Cette science du mouvement devient alors un pont entre votre réalité psychique, corporelle et votre essence véritable, votre Être profond, votre Soi.

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Le message de Gurdjieff s’adresse à tous les insatisfaits de la planète, à ceux qui veulent plus pour leur vie que l’échec, la réussite, la famille, les constructions et l’avoir.

 

Les personnes les plus susceptibles de faire un travail sur soi selon Gurdjieff

 

Ce sont celles qui:

 

  • se savent emprisonnés dans la ronde des personnalités contradictoires. 
  • veulent développer leur potentiel de présence et d’unité pour être impliqué dans le présent pour agir plutôt que réagir.
  • cherchent à se souvenir de qui ils sont véritablement afin de vivre leur vraie nature.
  • savent qu’ils sont venus sur terre avec une intention précise.
  • ont conscience d’être en graine et doivent œuvrer à leur transformation.

 

 

Gurdjieff s’est défini lui-même dans la 4 ème voie:

 

 

  • La première étant celle des fakirs, capables de maîtriser leur corps et la biologie en général au point de garder un bras en l’air pendant plusieurs années.
  • La deuxième est celle des moines qui maîtrisent l’émotionnel, les passions et les pulsions.
  • La troisième, la voie des yogis qui maitrisent leur esprit et toute la sphère mentale.

 

Ces trois voies impliquent un retrait du monde et de la vie quotidienne.

 

Pour Gurdjieff, la quatrième voie est celle qui réunit les trois autres. Un individu doit pouvoir maitriser son esprit mais être aussi capable de passer à l’action.

 

Il doit aussi devenir maître de ses émotions, de ses dépendances et de ses pulsions. Pour ce faire, il doit pouvoir rester dans ce monde.

 

Gurdjieff s’adresse à ceux qui, dans cette vie, abordent tous les engagements en même temps :

 

  • celui d’un métier, gagner sa vie
  • fonder une famille, élever des enfants
  • vivre une relation de couple
  • faire un travail sur soi.
  • œuvrer à la libération de l’emprise de son égo
  • apprendre à se désidentifier de son histoire douloureuse.

(Se désidentifier ne signifiant pas faire table rase).

 

C’est sans doute à cet endroit que son message m’a percuté, je n’avais pas l’intention de m’enfermer dans un monastère ni un ashram en Inde.

 

C’était la première fois que j’entendais parler du « travail sur soi ». D’ailleurs Gurdjieff à l’époque l’appelait tout simplement « le travail ».

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Qu’est ce que « Rencontre avec des hommes remarquables » de Gurdjieff a fait pour moi?

 

Tout d’abord j’ai enfin eu l’impression que quelqu’un parlait la même langue que moi. Un monde s’est ouvert : celui de la quête de soi qui passe par le travail sur soi.

 

Comme Gurdjieff, j’avais l’impression d’avoir cherché vainement un sens à ma vie. Je ne me retrouvais dans aucune des aspirations de mes contemporains.

 

J’ai compris que dans la vie, il n’y avait pas que les livres, il fallait rencontrer ceux qui les écrivaient.

 

C’était une révélation: celui qui vit ce qu’il enseigne transmet un enseignement vivant. Jusqu’ici je n’avais rien rencontré de vivant et je n’avais foi en rien.

 

J’ai compris intuitivement que ce que j’avais connu de ma vie n’était que le résultat de mon éducation mais en aucun cas mon potentiel.

 

J’ai réalisé en me projetant dans la quête de Gurdjieff, que lorsqu’on cherche on trouve, c’était pour moi un message plein d’espoir.

 

C’était aussi la première fois que je rencontrais la notion de guide et de maître. Je n’avais pas jusque là rencontré d’ «hommes remarquables» et j’en mesurais la nécessité.

 

Je découvrais le monde de l’Orient où la vieillesse détient la sagesse. C’était inespéré: jusqu’ici vieillir m’était apparu comme la pire des calamités.

 

La sagesse s’acquiert, elle n’est pas innée. Il y a moyen d’apprendre enfin sur des sujets passionnants qui n’ont jamais été abordés pendant l’éducation. Cela fait partie du travail sur soi.

 

Bref, le monde s’est mis à exister pour moi. J’avais une nature à révéler. Rien de ce que j’avais appris jusque là ne m’avait nourri. J’avais une vie à investiguer.

 

C’était la première fois qu’un sens à ma vie prenait forme. Je venais de comprendre ce que voulait dire le terme « spirituel ».

 

J’avais du pain sur la planche si je voulais mener de front ma vie matérielle, ma réalité spirituelle et faire un travail sur soi. Je n’avais pas de temps à perdre.

 

En quoi « Rencontre avec des hommes remarquables a changé ma vie ?

 

Au début, je me suis découragée. J’ai voulu rencontrer les élèves de Gurdjieff et j’en ai même rencontré une dans l’école où j’avais été nommée.

 

C’était un clin d’œil de la vie pour me rappeler que « quand on cherche, on trouve ». Je n’étais cependant  pas intéressée à rentrer dans son école alors que lui-même n’était plus là pour enseigner.

 

J’avais une amie à l’école normale qui me montrait des cassettes d’enseignements de Omraam Michaël Aivanhov pour apprendre qu’il venait tout juste de mourir.

 

Je me suis dit que j’étais arrivée trop tard sur terre et que tous les maîtres étaient morts !

 

Puis, je me suis mise à chercher de véritables enseignements. J’ai suivi les traces de Gurdjieff sur la piste de soufis et du bouddhisme tibétain.

 

J’ai attrapé au passage la société théosophique et les périples d’Alexandra David-Neel.

 

Je suis partie au Laddakh dans la ferme intention de trouver un maître tibétain mais c’est un maître tantrique que j’ai rencontré !

 

A force d’investiguer, j’ai fini par trouver les guides que je cherchais. J’avais une soif terrible de sagesse et d’enseignements mais j’ai mis du temps à comprendre ce que signifiait réellement le travail sur soi.

 

J’ai rencontré quelqu’un qui m’a initié à la pratique du zikr (chant soufi ). Je n’ai pas testé les danses que vous pouvez voir dans le film mais j’ai dansé « tandava »dans les pratiques tantriques.

 

Voici un extrait de ce que trouve Gurdjieff dans le monastère Sarmoung. il est accompagné de l’acteur Therence Stamp.

 

 

Je suis, moi aussi devenue « chercheur de vérité » mais jusque là, je n’avais pas envisagé que ça puisse être un métier.

 

J’ai fini par quitter l’éducation nationale et transmettre moi-même des enseignements.

 

Je m’aperçois, au fil des ans, que ma pratique thérapeutique et ce que j’enseigne aux futurs psychopraticiens ne sont pas très éloignés de ce que j’ai découvert quand j’avais 20 ans.

 

Au lieu de m’en tenir à l’aspect psychologique, je cherche à faire émerger l’Être chez chacun en l’aidant à démanteler son système de défense.

 

Avec la thérapie quantique, j’aide à trouver les espaces intérieurs qui ne sont pas régis par l’égo et où il est possible de ne plus s’identifier à la souffrance ou à des constructions illusoires qui ne sont pas notre vraie nature.

 

Ne serait-ce pas aujourd’hui la floraison des graines qui ont été semées par ce merveilleux livre ?

 

Et vous, suivez-vous une quête? Avez-vous une piste? Avez-vous trouvé?

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