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Sep 25

Est ce que croire au karma aide à la realisation de soi?


Karma et réalisation de soi


Comme la réalisation de soi est mon dada, j’ai choisi d’aller regarder du côté du karma pour voir je pouvais y trouver une aide constructive.


Bien qu’il soit souvent présenté comme un distributeur de mauvais points et d’images à gagner, le karma est plus vaste que cela et il obéit à des lois qu’il est bon de connaître.


Ceci fait partie d’un carnaval d’article sur le thème du karma, organisé par Jonathan du blog méditer pour être heureux.


Nul besoin de faire intervenir la notion de réincarnation pour comprendre que nous sommes soumis à ces lois.


Rangez donc cet épée de Damoclès qui voudrait vous faire croire que, parce que vous avez commis des actes horribles dans une autre vie, vous êtes obligé de payer dans celle-ci.


Dans un monde où il est question de dette, sous forme de crédit à rembourser au niveau de toutes les institutions, ne rajoutez pas un endettement karmique qui pourrait vous cantonner à un enfermement à «perpette»  vous privant ainsi de la réalisation de soi.


Je n’ai pas toujours eu cette vision, je vous raconterai plus loin comment, plus jeune, j’avais cette idée fataliste du karma.


Définition du karma : une aide ou une entrave à la réalisation de soi ?


Le karma pourrait se résumer à la somme de ce vous avez fait, êtes en train de faire ou ferez ainsi que les effets que cela aura.


La notion de karma est évaluée par les actes qui induisent des conséquences dans votre vie et, selon certaines croyances dans vos vies futures.


Le karma est donc le reflet de vos actions antérieures (quelle que soit la notion d’antériorité) qui se manifeste dans votre vie actuelle.


En d’autres termes, si votre vie actuelle ne vous convient pas, c’est que vous avez à rectifier votre façon d’agir.


Pour les hindous, cela implique une profonde croyance dans le destin et une certaine forme de fatalité.


Pour les bouddhistes, en plus de la relation de cause à effet, le karma désigne l’intention d’agir, l’acte lui-même et l’adhésion au résultat.


Selon, d’autres croyances, le karma représente une série d’épreuves choisies avant l’incarnation dont vous avez à tirer les leçons.


Les grandes épreuves de la vie feraient donc partie d’une forme de déterminisme, de chemin obligatoire, le reste étant apparenté au libre arbitre.




Les humains sont ainsi divisés en trois catégories :


Ceux qui ont eu les yeux plus gros que le ventre et/ou qui oublient leur mission en route et qui finissent leur vie dans l’injustice, l’incompréhension ou le suicide (réel ou à petit feu).


Il y a ceux qui prennent à cœur les leçons de vie mais qui, au final, ne font que vivre les épreuves, un peu comme s’ils avaient payé les intérêts sans jamais posséder leur maison. Pour ces deux voies, la réalisation de soi n’est pas gagnée !


On compte enfin ceux qui se souviennent rapidement du chemin à suivre, qui retrouvent facilement les enseignements (dharma) et les bonnes personnes pour les conduire dans les pas de la félicité.


Bien que cette approche n’implique pas la réincarnation, elle signifie quand même qu’il y a un avant cette vie et donc pourquoi pas un après.


On rejoint donc chrétiens et musulmans qui s’accordent sur la notion de vie éternelle.


Pour ma part, j’ai compris un jour que j’avais choisi l’option numéro 2, celle où on n’arrête pas de vivre les causes et les effets de souffrances interminables. Ce jour là, j’ai décidé d’être heureuse et ma vision des épreuves a radicalement changé.


Bad and good karma


J’ai vécu deux expériences (entre autres) où j’ai immédiatement pensé à la notion de karma, à plus de vingt ans d’intervalle et toujours en Inde.


La première, c’était lors d’un voyage au Laddakh. Nous étions sur un sentier de trekking extrêmement exigeant.


J’utilisais comme bâton de marche le mât de notre tente quand, au milieu de nulle part une vieille tibétaine a surgi devant moi.


Elle voulait mon bâton. Je ne pouvais pas le lui donner mais je pensai soudain à ces histoires initiatiques pour enfants où le cœur pur du héros est testé par un mendiant qui le retarde sur le chemin.


Si le héros arrête sa quête pour en prendre soin, il trouve un allié indispensable pour la suite de la quête. Si il continue son chemin dans l’orgueil du missionné qui ne doit pas être dérangé, il faillit.


Je ne lui ai pas donné mon bâton et j’ai su que j’avais raté l’épreuve. Je suis tombée malade immédiatement et sans l’aide providentielle d’un médecin au fin fond de nulle part, j’y aurais laissé ma vie.



C’était sans doute plus par culpabilité que par orgueil mais les conséquences de mes actes ne se sont pas faits attendre. Je pensais que c’était mon mauvais karma.


Il y a deux ans, nous accompagnions un groupe en Inde pour l’exceptionnelle kumbh Mela.


A Varanasi, un soir, nous étions une petite poignée dans un tuktuk (triporteur). Nous arrivions de la rue de l’hôtel pour déboucher sur le grand boulevard.


Un gros bus nous a coupé la route. Il a du passer à quelques millimètres de notre véhicule. Je ne me souviens pas avoir vu un bus en mouvement de si près.


Le temps s’est figé un instant dans cet espace cotonneux des moments importants où tout s’arrête. Puis la vie a repris son cours.


Je me suis dit: ça c’est le bon karma. En fait, je ne sais pas expliquer ce qui s’est passé mais c’était tout à fait surnaturel. Dans les deux cas, ce n’était pas mon heure!


Action et réalisation de soi : vous récoltez ce que vous semez


Dans la notion de karma, il n’est pas question d’un dieu vengeur mais de responsabilité.



Chaque action génère une force dans l’univers qui revient vers vous, telle qu’elle a été mise en œuvre… un véritable boomerang qui fait que vous récoltez ce que vous avez semé.


Mais savez-vous vraiment ce que vous semez ? J’écoutais l’autre jour l’histoire d’une surveillante qui se faisait tutoyer de façon condescendante par un prof dans un collège.


Elle se préparait à riposter afin de sortir de son schéma habituel qui l’oblige chaque fois,  à se faire toute petite et à se taire.


Pourtant, si elle avait répondu avec colère, elle aurait aussi semé des graines de colère qu’elle aurait fini par récolter.


Dans les deux cas, se taire dans la culpabilité ou riposter dans la colère génère des conséquences. Sortir du schéma n’est pas si simple, il n’y a pas une bonne et une mauvaise réponse !


S’il y a un karma dans cette histoire, c’est celui de se faire malmener par l’autorité.


Elle ne sait pas quand les graines du rapport à l’autorité ont été semées, mais aujourd’hui, elle en a les fruits.


Règle n°1 : accepter la responsabilité de vos actes et leur résultat même si vous avez oublié l’origine du problème car tout ce qui arrive est la conséquence de choix qui ont été faits dans le passé.


Vous pouvez choisir d’être offensé par une critique, ou d’être flatté par un compliment (cela revient strictement au même). C’est votre décision, il n’y a rien de naturel à réagir aux sollicitations du monde.


Vous ne savez pas qu’en vous sentant flatté ou offensé, vous faites un choix inconscient. Votre réaction est un choix influencé par un conditionnement.


Règle n°2 : Faites des choix conscients.


A chaque instant, vous êtes plongé dans le champ de tous les possibles. Vous pouvez décider de n’être ni offensé ni flatté.


Règle n°3 : la façon dont vous choisissez de vivre les expériences (bonnes ou mauvaises) qui vous sont proposées va déterminer la qualité de votre futur et pas besoin de penser à une autre vie !


Je vous propose un texte sur le karma d’un grand Lama qui a longtemps vécu en France: Lama Guendune:


Tous ces êtres sont prisonniers de l’océan de souffrance qu’est le cycle des existences. Tous veulent être heureux et essaient d’éviter la souffrance, mais cette recherche échoue par ignorance. L’individu ignore que, pour être heureux, il faut accomplir des actes vertueux et que, pour éviter la souffrance, il faut abandonner les actions négatives. Du fait de leur ignorance, les êtres s’autorisent à agir sous l’influence des poisons de l’esprit – les émotions perturbatrices – qui deviennent les bases de leurs actions. Les résultats s’accumulent et ne sont que souffrance.

Lama Guendune


Réincarnation, karma et réalisation de soi


La réincarnation est une “croyance selon laquelle un certain principe immatériel et individuel (âme,conscience individuelle  ou Esprit ) accomplit des passages de vies successives dans différents corps”.


Selon cette doctrine, au moment de la mort, l’âme quitte le corps pour s’incarner, lors d’une nouvelle naissance, dans un autre corps.


Dans le bouddhisme tibétain, on appelle « tulkous » des êtres reconnus comme la réincarnation d’un grand maître ou lama. 


Pour un hindou, s’il a commis trop d’actes négatifs, son âme s’incarne dans un nouveau corps sur une planète comme la Terre afin d’y subir le poids et la rétribution de ses mauvaises actions.


Si au contraire, le fruit de ses actions est positif, il ira vivre comme un dieu sur l’une des planètes célestes, sorte de paradis.


Il arrive aussi, dans ce contexte, qu’une même âme s’incarne en plusieurs corps dans le même espace temps. Cette idée est reprise dans le film « Little bouddha » de Bertholucci.


Ceci est difficilement concevable pour le mental occidental. Pourtant, nous avons rencontré au Népal, (par hasard !) un autre Sai Baba (que celui d’Inde qui est mort récemment).





Il va bientôt avoir 25 ans et dit lui-même qu’il est une manifestation de la même âme sous une forme différente.


L’important ce n’est cependant pas de savoir si une telle chose existe mais plutôt si vous en avez l’expérience dans votre vie.


Avez-vous déjà eu la conviction, au hasard d’une rencontre, que vous connaissiez déjà cette personne ? Avez-vous déjà senti dans un pays que vous visitiez pour la première fois, la sensation d’y avoir déjà des racines ? C’est ce que je raconte dans un autre article.


Aujourd’hui, je n’ai aucune certitude de comment les choses se passent après la mort.


Personnellement, j’ai du mal à intégrer la notion de vie antérieure lorsque je sais que le temps n’existe pas de façon linéaire (bien que ce soit une impression sur terre).


Je rejoins plutôt la physique quantique qui stipule qu’une particule, n’ayant pas de trajectoire, se trouve simultanément en plusieurs endroits.


Appliquée à la notion de plusieurs vies, je visualise plutôt des univers parallèles avec des « moi » qui évoluent différemment en fonction de leurs choix.


Dans cette vision, je peux très bien avoir une vie en Inde parallèlement à celle-ci.


Il est sorti dernièrement un excellent film brésilien sur le sujet “No Solar”. Cette fiction raconte ce que nous faisons entre deux incarnations. Vous pouvez visionner ci-dessous les dix premières minutes du film.



Pourquoi se réincarne t-on ?


  • Pour vivre de nouvelles expériences
  • Pour sortir de l’ignorance et de l’obscurantisme
  • Pour assainir des liens difficiles.
  • Pour trouver une issue à une non acceptation, que vous soyez victime ou bourreau,
  • Pour avoir enfreint les lois de la vie et apprendre à y obéir
  • Parce qu’une injustice n’a pas été comprise et acceptée
  • Pour finir une histoire avec un être cher dont vous avez été séparé
  • Parce la culpabilité vous a empêché de reconnaître votre nature divine
  • Parce que le corps et le sacré de la matière ont été négligés
  • Pour aider les autres


Mis à part les êtres (bodhisattvas) qui se réincarnent par compassion pour aider l’humanité à grandir et se libérer, nous nous réincarnons souvent pour soigner des blessures.


Les principales blessures sont l’abandon, le rejet, la séparation, la non-reconnaissance, la spoliation, la trahison, l’injustice, l’abus, la maltraitance et l’humiliation.


Je précise qu’une blessure n’est pas quelque chose qui vous est arrivé ou qu’on vous a fait mais comment vous avez vécu l’évènement et cela est entièrement votre responsabilité.


Nous parlerons de comment se libérer du karma dans un autre article.


Tant qu’il y a une réaction en vous (autre que l’acceptation de ce qui est), vous n’agissez pas, vous réagissez et donc vous fabriquez du karma.


C’est cette loi de cause à effet qu’on appelle le karma et ça se passe déjà dans cette vie !


Vous est-il déjà arrivé de re-connaître une personne, un pays, un talent personnel, alors que c’était votre tout premier contact ?

Dites-le moi dans les commentaires!




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